République Gabonaise
Primature
Ministère de l’Éducation Nationale Ministère de l’Enseignement Supérieur,
Ministère de Formation Professionnelle de la Recherche et de l’Innovation Technologique
et de la Réinsertion Sociale
Une éducation générale pour tous, une orientation professionnelle pour chacun
Propositions
en vue de l’élaboration d’un
Schéma
directeur du secteur éducatif gabonais
Mission d’expertise conduite par :
Jacques
Ginestié, Professeur des
Universités,
Olivier
Balonzi, Inspecteur
Pédagogique du Second Degré,
Raymond-Paul
Kohowalla, Inspecteur Pédagogique du Premier
Degré,
Clémence
Medjia, Chargée d’études
au MEN,
avec l’appui de l’Ambassade de France à Libreville.
Mars 2005
TABLE DES MATIeres
1.1 Cadre de la mission d’expertise
1.3 Organisation de la mission
Première
partie : Un projet pour le Gabon, la restructuration du secteur éducatif
2 Vers une nouvelle structure
educative
2.1 Des fondements à interroger
2.1.1 Quelques éléments liminaires
décrivant la situation actuelle
2.1.2 Le système éducatif gabonais
actuel
2.1.3 Une éducation générale pour tous
2.1.4 Assurer la continuité de la
formation
2.2 Une évolution à construire
2.2.1 Schéma du système éducatif à
l’horizon 2020
2.2.2 Du système actuel au système
éducatif de demain
3 Repenser la structure
scolaire et universitaire
3.1 Une école primaire restructurée
3.1.2 S’appuyer sur un socle primaire
fort
3.1.3 Généraliser l’accueil préscolaire
3.1.4 Construire l’école primaire de la
réussite
3.1.5 S’appuyer sur un secteur privé
très encadré
3.1.6 Impact budgétaire de la
structuration de l’école primaire
3.2 Renforcer l’enseignement
secondaire
3.2.1 Investissement en matière de
construction d’établissements scolaires
3.2.2 Évolution du nombre d’enseignants
3.2.3 Choisir sa voie au collège
3.2.4 Accroître la performance, la
qualité et la diversité du lycée
3.3 Repenser les voies
professionnelles courtes et intermédiaires
3.3.1 Un système de formation professionnelle
élargi
3.3.2 Un accroissement des effectifs par
la diversification
3.3.3 Adapter les organisations aux
moyens disponibles et aux besoins socioéconomiques
3.3.4 Investissement en matière de
construction d’établissements scolaires
3.3.5 Évolution du nombre d’enseignants
3.4 Adapter l’enseignement
supérieur aux enjeux du 21ème siècle
3.4.2 Former les enseignants pour
répondre à ces enjeux
3.4.3 Impact budgétaire de la
structuration de l’enseignement supérieur
3.5 Coordonner les actions au plus
haut niveau de l’état
3.5.1 La Commission Nationale de
l’Enseignement, de la Formation et de l’Emploi (CNEFE)
3.5.2 La Commission Nationale des Titres
et des Diplômes
3.5.3 La Commission Nationale
d’Habilitation des Formations Professionnelles
4 Objectifs synthétiques Pour
la restructuration du système scolaire
4.1 Planification de la
structuration du système éducatif
4.1.1 Les besoins budgétaires globaux
pour la restructuration du système éducatif gabonais
4.1.2 Planification des programmes de
construction
4.2 La « déclinaison » du
plan d’ensemble en programmes et sous-programmes
4.2.1 Programme A :
« Renforcer et développer les apprentissages fondamentaux »
4.2.2 Programme B :
« Renforcer l’enseignement secondaire général »
4.2.3 Programme C : « Repenser
les voies professionnelles courtes et intermédiaires»
4.2.4 Programme D : « Adapter
l’enseignement supérieur aux enjeux du 21ème siècle »
4.2.5 Programme E : « Former
les enseignants pour répondre aux nouveaux enjeux »
Deuxième
partie : Eléments pour une réforme des enseignements techniques et
professionnels
5.1 Accompagner le développement
économique du Gabon
5.2 Améliorer la connaissance du
milieu socioprofessionnel
5.3 Harmoniser les qualifications
et les diplômes
5.4 Limiter le recours aux concours
de sélection
5.5 Améliorer le niveau et l’âge de
sortie de l’école obligatoire
5.6 Améliorer le niveau et l’âge
des élèves à la sortie des études secondaires
5.7 Développer les formations
professionnelles universitaires
5.8 Organiser et optimiser la
gestion des flux d’élèves
5.9 Optimiser l’implantation des
établissements de formation professionnelle
5.10 Assurer un accompagnement du
développement de la formation professionnelle
6 Structuration : un
schéma directeur pour le Gabon
6.1 Accroître les effectifs
d’élèves dans les formations professionnelles
6.1.1 Une éducation générale pour tous
6.1.2 Un système de formation
professionnelle élargi
6.1.3 Assurer la continuité de la
formation
6.1.4 Un accroissement des effectifs par
la diversification
6.1.5 Adapter les organisations aux
moyens disponibles et aux besoins socioéconomiques
6.2 Structurer la formation des
formateurs et des enseignants
7 Éléments généraux du
contexte de la mission
7.1 À propos de formation
professionnelle
7.1.1 Formation professionnelle et qualifications
7.1.2 Articulation formation initiale et
formation continue
7.1.3 De l’acquisition du geste
professionnel à la technologie
7.2.1 Aspects démographiques et
économiques
7.2.2 Éducation et instruction
7.2.2.1 Évolution des classes d’âge
7.3 Constats et propositions
d’accompagnement du développement économique du Gabon
8.1 Aperçu général de la situation
socioéconomique
8.2 Un milieu socioprofessionnel
contrasté
8.2.4 Les autres secteurs d’activités
8.3 Une faible connaissance du
milieu professionnel
8.3.1 Des statistiques sur le marché de
l’emploi partielles et peu généralisables
8.3.2 Une définition des emplois et des
qualifications fragile
8.4 Constats et propositions
d’amélioration de la connaissance du milieu socioprofessionnel
9 Les diplômes et les
qualifications
9.1 Niveau enseignement secondaire
9.1.1 Niveau de qualification ouvriers
spécialisés
9.1.2 Niveaux techniciens et
baccalauréats technologiques
9.2 Niveau enseignement supérieur
9.2.1 Niveaux techniciens supérieurs et
bac + 3
9.2.2 Niveaux ingénieurs et bac + 5
9.3 Une organisation éclatée des
diplômes et des qualifications
9.4 Mise en place d’un système
unifié de diplomation et de qualification
9.4.1 Un système de diplômes à quatre
niveaux
9.4.2 Des instruments de régulation et
de prospective
10 Limiter le recours aux
concours
10.1 La généralisation des voies
d’accès par concours
10.2 Constats et propositions pour
limiter le recours aux concours de sélection
11 Améliorer la sortie de l’école
obligatoire
11.1 Un niveau scolaire déficient à
l’école primaire et au collège
11.1.1 Un fort taux de redoublements
11.1.2 Un taux d’analphabétisme préoccupant
11.1.3 De faibles résultats au CEPE
11.1.4 Renforcer l’école primaire
11.2 Des déficits scolaires qui
s’amplifient au collège
11.3 Une absence de culture
scientifique et technologique
11.4 Constats et propositions pour
améliorer le niveau et l’âge de sortie de l’école obligatoire
12 Améliorer le niveau et l’âge des
élèves à la sortie des études secondaires
12.1 Un enseignement professionnel
quasi-confidentiel
12.2 Une situation contrastée pour le
baccalauréat
12.2.1 Un accroissement constant du nombre
de candidats
12.2.2 Évolution des taux de réussite au
baccalauréat
12.2.3 Inscrits et admis en regard d’une
classe d’âge
12.3 Les baccalauréats technologiques
13 Développer les formations
professionnelles universitaires
13.5 La survalorisation des formations
à l’étranger
13.6 Constats et propositons pour
développer les formations professionnelles universitaires
14 La gestion des flux d’élèves
14.1 Débouchés scolaires et
orientation
14.2 Des cursus scolaires laborieux
14.3 Constats et propositions pour
organiser et optimiser la gestion des flux d’élèves
15 Les établissements
d’enseignement technique et de formation professionnelle
15.1 Géographie et carte des
formations
15.2 Moyens attribués pour les
enseignements technologiques et professionnels
15.3.1 De trop petits établissements
15.3.3 Les établissements privés
16 Accompagner le développement
de la formation professionnelle
16.1 La formation des enseignants et
des formateurs
16.2 La recherche et le développement
autour de la formation professionnelle
17.1 Textes officiels gabonais
19 Annexe 1 : termes de
référence de la mission d’expertise
20 Annexe 2 : Programmes de
la mission d’expertise
21 Annexe 3 : Cursus
d’études secondaires technologiques et professionnelles
Cette mission d’expertise, qui s’est déroulée en novembre 2004, était placée sous la haute responsabilité de Monsieur le Premier Ministre, les services de la primature en assurant la coordination générale. Elle fait suite et complète une précédente mission conduite en juin 2004 à la demande commune de Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale (MEN) et de Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Technologique. Cette première mission avait pour objectif de proposer un schéma directeur afin d’assurer la coordination, l’harmonisation et la structuration de leurs efforts en matière d’enseignements technologiques et de formation professionnelle en ce qui concerne les niveaux allant de « Bac – 3 à Bac + 3 »; soit depuis le niveau de qualification d’ouvrier spécialisé jusqu’à celui de cadre technique moyen.
Lors de cette mission, nous avions pu constater qu’un certain nombre de déficits dans les dispositifs de formation professionnelle relevaient de l’organisation générale du système éducatif gabonais. Ces déficits s’exprimaient de manière quantitative (une insuffisance numérique dans toutes les formations professionnalisantes et qualifiantes) et de manière qualitative (niveaux des élèves, notamment dans les disciplines scientifiques et technologiques, largement insuffisant).
Les objectifs de la présente mission relèvent de la préparation d’un schéma directeur du secteur éducatif, qui s’articule autour des points suivants :
i. Établissement d’un état des lieux (forces et faiblesses) des enseignements préscolaire, primaire, secondaire - général, technique et professionnel - supérieur, en vue de le confronter à la fois aux attentes sociales (demande de formation des jeunes et des familles) et aux besoins économiques.
ii. Définition de priorités et formulation de propositions précises concernant les différents ordres d’enseignement, mais aussi en vue de l’insertion sociale des jeunes prématurément rejetés hors de l’Ecole (apprentissage d’un métier, hors des structures actuellement existantes).
iii. Propositions relatives au cadre institutionnel des réformes à entreprendre (conception, mise en œuvre, suivi), à la collaboration des différents acteurs (établissements d’enseignement, entreprises…) et au « formules pédagogiques » à mettre en place (apprentissage, alternance, …).
iv. Propositions relatives à la « formation des maîtres » appelés à intervenir aux différents niveaux et à la mobilisation des ressources humaines.
Ce schéma directeur du système éducatif gabonais doit servir de base à l’élaboration du Plan sectoriel appelé à en constituer le prolongement.
Ce rapport se présente en trois parties. La première, qui constitue le cœur du rapport, compte trois chapitres qui analysent le système actuel, proposent un plan d’action à mettre en oeuvre dans un délai d’une quinzaine d’années, qui est « décliné » en programmes et sous-programmes : pour chacun de ceux-ci sont mis en évidence les objectifs, les moyens à mobiliser, les enveloppes budgétaires à prévoir, étant entendu que les évaluations et estimation devront ultérieurement faire l’objet d’un chiffrage plus précis. La deuxième partie compte douze chapitres, repris pour certains du précédent rapport que nous avions[1] rédigé à l’issue d’une mission d’expertise sur les interrelations Éducation, Formation, Qualification et Emploi. Elle présente les conclusions de ce rapport en termes de constats et de propositions, et rappelle ensuite les analyses sur lesquelles elles se fondent. La troisième partie réunit en annexes quelques éléments complémentaires à ce rapport.
Cette mission n’aurait pu être réalisée sans l’appui des services du Ministère de l’Éducation Nationale (MEN) et du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Technologique (MESRT) de la République Gabonaise. Elle a donné lieu à un large recueil d’informations (cf. sources de référence, page 141) et à de nombreuses rencontres (cf. annexe 2, page 150).
Cette a été pilotée par M. Jacques Ginestié, Professeur des Universités, expert étranger, qui était accompagné par M. Olivier Balonzi, Inspecteur Pédagogique du Second Degré, M. Raymond-Paul Kohowalla, Inspecteur Pédagogique du Premier Degré et Mme Clémence Medjia, chargée d’études au MEN.
La mission est coordonnée par M. Hervé Huot-Marchand, conseiller à la Direction de l’Enseignement Technique et Professionnel (DETP) auprès du MEN, par M. Daniel Gouadain, conseiller auprès de Monsieur le Ministre du MESRIT. Nous avons bénéficié de l’appui de Mme Marie-Claire Koffi et de M. Gilles Chaffanjon, conseillers techniques auprès du MEN. La logistique est assurée par le Service de Coopération et d’Action culturelle de l’Ambassade de France, dirigée par MM. Benoît Décamps et Jean-Claude Morlaës.
En tout premier lieu, nous tenons à exprimer notre gratitude à Monsieur le Premier Ministre, à l’ensemble des ministères concernés par cette mission, Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale, Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Technologique, Monsieur le Ministre de l’Économie et des Finances, Monsieur le Ministre de la Planification, ainsi qu’à Madame la Présidente de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblé Nationale Gabonaise pour l’attention portée à cette mission, attention qui s’est traduite par la mise à notre disposition des ressources de leurs ministères respectifs.
Le succès de cette mission doit beaucoup au soutien de Monsieur le Directeur de Cabinet et de Madame la Conseillère de Monsieur le Premier Ministre, de Madame la Directrice Générale des Enseignements et de la Pédagogie, de Monsieur le Directeur des Enseignements Primaires, de Monsieur le Directeur des Enseignements Secondaires, de Monsieur le Directeur de l’Enseignement Technique et Professionnel du Ministère de l’Éducation Nationale et de Madame la Directrice de l’Enseignement Supérieur.
Une telle mission est particulièrement délicate à conduire car elle concerne tous les acteurs de l’éducation de la République gabonaise. Il s’agit bien sûr des acteurs directs que sont le Ministère de l’Éducation Nationale, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Technologique et le Ministère de la Formation Professionnelle au travers des cadres, des responsables, des dirigeants mais également de tous ceux qui contribuent au fonctionnement quotidien des écoles, des collèges, des lycées, des universités. Il s’agit aussi de ceux qui rendent possible la vie de ces institutions en orientant les politiques en faisant des choix budgétaires qui engagent durablement le développement du pays. Parmi ceux-là, il nous faut citer les directions de la Primature, le Ministère de l’Économie et des Finances, le Ministère de la Planification et la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblé Nationale Gabonaise.
Nous tenons également à remercier tous les responsables, les enseignants, les formateurs des établissements scolaires ou de formation professionnelle, publics ou privés, laïques ou confessionnels, qui nous ont largement ouvert les portes de leurs établissements et de leurs classes. Les visites très riches que nous avons effectuées dans les écoles primaires Capitaine Ntchoréré et Akébé 2, au collège d’Agondjé, aux lycées Léon Mba, Immaculé Conception, Saint Georges et Arissani et au centre des métiers de la Femme nous ont permis de prendre la mesure de la diversité des potentiels du pays en matière d’éducation et de formation. Bien sûr, ces visites ont été enrichies par le temps consacré aux trois institutions de formation d’enseignants du Gabon que sont l’École Normale d’Instituteurs, l’École Normale Supérieure et l’École Normale Supérieure de l’Enseignement Technique.
Chacune de nos rencontres a été chaleureuse ; nous avons toujours rencontré des personnes compétentes qui n’ont négligé ni leur temps, ni leurs efforts pour répondre à nos nombreuses questions et nous fournir le précieux matériau à la base de ce rapport. Ce sont nos nombreux interlocuteurs qui ont rendu possible ce travail, au travers d’échanges, parfois trop rapides, jamais inutiles, trop nombreux pour les citer tous sans risquer d’en oublier un seul. Ce rapport est le fruit de ces nombreuses collaborations et coopérations avec l’ensemble des partenaires concernés par un tel projet.
Le système éducatif gabonais est largement dépendant de faiblesses chroniques que n’arrivent pas à compenser les points forts. Nous en rappelons ici quelques-uns qui seront développés et analysés par la suite.
i. L’absence d’un accueil préscolaire qui n’existe, actuellement et expérimentalement, que pour quelques centaines d’enfants âgés de cinq ans ;
ii. Une entrée tardive des enfants à l’école primaire plutôt vers sept ans qu’à six ;
iii. Des taux de redoublements au-delà de l’acceptable qui allongent indûment la scolarité à l’école primaire (jusqu’à treize ans pour la majorité, bien au-delà pour un nombre significatif d’élèves), font naître un sentiment d’échec chez les enfants et s’avèrent particulièrement coûteux en termes de sureffectifs dans les classes et de charge de travail pour les enseignants ;
iv. Un sous-encadrement chronique qui prend deux formes différentes : dans les agglomérations urbaines, les classes sont surpeuplées (72 élèves par classe en moyenne à Libreville) ; dans les zones rurales, elles sont confiées à des moniteurs sont sous-qualifiés (qui font office d’instituteurs).
v. Un niveau de qualification des instituteurs trop faible, notamment en ce qui concerne les éléments intimement constitutifs du métier d’instituteur (pédagogie de la réussite, gestion de la polyvalence, processus d’évaluation…), résultant d’un dispositif de formation initiale inadapté.
vi. Un concours d’entrée en classe de sixième qui constitue un goulet d’étranglement injustifié pour des enfants d’âge « normal » et qui ne fait qu’accroître les mécanismes d’échec et les processus d’abandons, voire d’exclusion de l’école.
vii. Une reproduction des maux de l’école primaire au niveau du collège, pour tous les points notés ici de i à v.
viii. Une absence cruelle de structures de formation professionnelle à quelque niveau que ce soit, qu’il s’agisse de former des ouvriers, des employés, des techniciens, des techniciens supérieurs ou des ingénieurs.
ix. Un système de sélection (concours) à l’entrée dans toutes les filières de formation, totalement inadapté, continuellement contourné, voire détourné, générateur de nombreux « dysfonctionnements » : falsification de documents administratifs (bulletins scolaires, actes de naissance…), recours aux réseaux de relation…
x. Des contenus de formation totalement inadaptés aux structures pédagogiques modernes : par exemple, un découpage classique des disciplines scolaires beaucoup trop rigoureux, largement dépassé, fondé sur une vision hiérarchique des disciplines scolaires, inadaptée à la massification des différents ordres d’enseignement et des voies spécialisées qui en résultent.
xi. Un lycée et une université pensés en termes de formation d’une élite restreinte et qui laissent sur le côté d’importants effectifs d’élèves et d’étudiants.
xii. Une absence de concertation (autre qu’« expérimentale » depuis quelques années), avec le milieu économique, alors qu’elle est indispensable pour organiser les connaissances et penser l’évolution des formations professionnelles ;
xiii. Aucune gestion des flux d’élèves que ce soit longitudinalement (« parcours » d’un élève depuis son entrée au niveau du préscolaire jusqu’à sa sortie avec une qualification attestée par un diplôme) ou transversalement (répartition des élèves dans les différentes voies de formation ouvertes à un niveau donné, notamment répartition entre les différentes familles de métiers) ;
xiv. Un système de financement d’études à l’étranger méritant réflexion, parce que très onéreux et parfois totalement injustifié : des étudiants vont suivre à l’étranger des formations d’inégale qualité alors que parfois les mêmes filières existent sur place.
Actuellement, au vu de l’ensemble des données disponibles, brièvement rappelées ci-dessus, le système éducatif gabonais est structuré selon le modèle d’organisation présentée ci-dessous.

Figure 1 : Structure actuelle du système éducatif gabonais
Les aires des différentes zones indiquent la masse d’élèves concernés par chacun des niveaux. Les âges indiqués correspondent aux âges moyens des élèves.
La structure générale du système éducatif gabonais doit être adaptée aux besoins du pays et le développement de formations professionnelles à quelque niveau que ce soit ne peut s’envisager sans le renforcement de cette éducation générale pour tous. Elle doit conduire le plus grand nombre d’élèves aux portes des charnières d’orientation, que ce soit après la classe de 5ème pour l’enseignement professionnel court, après la classe de 3ème pour la formation des techniciens ou après le baccalauréat pour les formations professionnelles supérieures de technicien supérieur ou d’ingénieur. Cela suppose de faire de la lutte contre l’échec scolaire à l’école primaire et au collège une priorité absolue. L’éducation générale doit être renforcée par :
· Le développement des structures préscolaires pour l’accueil des tout-petits dès l’âge de cinq ans, voire plus tôt, en organisant ces structures d’accueil pour qu’elles favorisent les apprentissages premiers de l’expression, de la socialisation et de la coordination psychomotrice ;
· Un accueil généralisé à l’âge de six ans de tous les enfants en première année à l’école primaire et une optimisation des cursus scolaires afin d’amener tous les enfants à rentrer au collège sans accumulation de retards ;
· Une rénovation des organisations scolaires pour faire réussir les enfants, ce qui implique une modification en profondeur des curriculums d’enseignement, des modes de transmission scolaire et des méthodes pédagogiques ;
· Une réduction des effectifs d’élèves par classe par l’accroissement du nombre d’instituteurs et de professeurs de collège et lycée ;
· Un renforcement de l’éducation scientifique et la mise en place d’une éducation technologique pour tous, afin de familiariser les enfants dès leur plus jeune âge avec les méthodes et concepts de ces disciplines.
L’atteinte de ces objectifs ne peut s’envisager sans :
· un plan d’investissement pour ouvrir de nouvelles classes et construire d’autres écoles ;
· un plan de recrutement d’instituteur et de professeurs de collège ;
· une restructuration de la formation des enseignants pour accompagner ce développement. Le rattachement des écoles normales d’instituteurs aux universités ainsi que l’« universitarisation » accrue des deux Écoles Normales Supérieures permettrait de passer à une organisation universitaire de type facultés d’éducation, telle qu’on la rencontre dans de nombreux pays. Cette organisation aurait l’avantage de faciliter la gestion des flux d’étudiants après le baccalauréat et d’ouvrir des possibilités d’orientation active.
L’atteinte de ces objectifs doit être inscrite dans un programme pluriannuel de quinze à vingt ans. Ce programme pluriannuel s’appuiera sur l’effort initié ces dernières années mais surtout il devra donner une accélération notable au processus de réorganisation, de rénovation et de développement de l’éducation pour tous dans les prochaines années. La planification du déploiement des classes doit se faire selon la logique des plus forts besoins : dans un premier temps, il s’agit d’augmenter le nombre de classes là où les effectifs par classe sont trop élevés. Au premier chef, sont concernés les écoles et les collèges des grandes agglomérations Libreville, de Port-Gentil, de Franceville et d’Oyem.
L’inscription dans un cursus de formation, à quelque niveau que ce soit, ne doit pas être une fin en soi. Les organisations mises en place doivent assurer un continuum de formation sur les trois niveaux de qualification (ouvrier, technicien, technicien supérieur) et articuler formation initiale des jeunes et formation continue des adultes.
La formation initiale des jeunes doit permettre à un élève de rejoindre un cursus professionnel à quelques étapes charnières de son parcours scolaire (actuellement, après les classes de 5ème, de 3ème et de terminale) mais ces cursus de formation professionnelle ne doivent pas être des cursus fermés qui seraient vécus comme des « voies de garage ». Un élève qui entame, après la 5ème, une formation de CAP ou de BEP, doit pouvoir poursuivre sa formation pour préparer un brevet de technicien et, pourquoi pas, la prolonger jusqu’à l’obtention d’un diplôme de technicien supérieur ou d’ingénieur. Ces continuums de cursus de formation doivent être inscrits dans les textes officiels régissant les organisations scolaires et universitaires ; les établissements de formation doivent mettre en place les structures qui rendront possible, avec de bonnes chances de succès, ces parcours.
La formation professionnelle doit permettre à un adulte sorti du système de formation initiale d’acquérir une qualification professionnelle validée par un diplôme reconnu. Cette organisation suppose bien sûr de partir du niveau scolaire atteint par la personne en formation initiale mais elle doit pouvoir s’appuyer sur la reconnaissance et donc sur la validation des acquis de la personne au travers de ses différentes expériences, qu’elles soient professionnelles ou dans d’autres secteurs d’activités sociales.
L’objectif fixé est de structurer le système scolaire afin de proposer une éducation à tous les enfants gabonais et de les amener à acquérir une qualification qui facilitera leur insertion sociale et professionnelle. La figure 2 (page suivante) présente la structure générale d’un tel système.
Le passage du premier schéma au second se fonde sur un contrôle efficace de la gestion des flux des élèves, en veillant à respecter les durées des différents cycles. Le principal travail à conduire est donc d’abandonner une politique de sélection par l’échec scolaire et de la remplacer par une politique de gestion des flux scolaires fondée, sur la réussite des élèves et sur leur orientation en fonction des besoins de la structure sociale gabonaise. Il ne s’agit pas de remettre en cause le fait que le Gabon doit continuer à avoir un système éducatif lui permettant de former ses cadres de haut de niveau ; il est simplement question que le Gabon s’occupe de l’avenir de tous ses enfants, de leur insertion sociale qui repose pour grande partie sur une insertion professionnelle réussie et donc sur l’obtention, par le biais d’une formation professionnelle, d’une qualification répondant aux besoins sociaux du pays.
Nous noterons qu’un tel schéma donne une indication sur les aspects quantitatifs, notamment les proportions d’élèves à orienter selon chacune des voies et les durées correspondant à chacun des niveaux d’études. Il fournit également des informations sur les aspects qualitatifs, notamment sur la signification de la mise en œuvre d’un tel système qui s’inscrit dans un schéma de développement à long terme.

Figure 2 : Structure du système éducatif à l'horizon 2020
L’ensemble des éléments de ce rapport indique des orientations et des pistes possibles pour assurer cette transition, qui doit s’échelonner sur une quinzaine d’années. Si l’objectif final est positionné à l’horizon 2020, atteindre cet objectif suppose un effort constant qui doit être engagé dès la rentrée 2005 et doit être poursuivi sans relâche durant les quinze prochaines années. Le passage à ce schéma doit faire l’objet d’un ensemble de lois de programmation qui vont engager l’État gabonais sur cette période. Cette évolution fondamentale peut se décliner en une dizaine de principes, simples à énoncer mais complexes à mettre en œuvre. Chacun d’entres eux repose sur les objectifs d’une éducation générale pour tous (100% d’une classe d’âge reçoivent une instruction de base), d’une lutte efficace contre la pauvreté (le système éducatif initial permet à chaque élève, 100% des enfants, d’obtenir une qualification professionnelle) et d’une structuration sociale de l’emploi et des qualifications (selon une répartition sociale classique qui compte 40% d’ouvriers et employés, 26% de techniciens, 9% de techniciens supérieurs et 7% d’ingénieurs et cadres supérieurs).
i. 100% des enfants d’une même classe d’âge ont accès à un accueil dans un cycle préscolaire dès l’âge de 5 ans ;
ii. 100% des enfants d’une même classe d’âge entrent en CP à l’âge de 6 ans ;
iii. 100% des enfants d’une même classe d’âge entrés au CP accèdent au collège sans redoublement ;
iv. 33% des enfants d’une même classe d’âge sont orientés vers une voie professionnelle courte (ouvrier, employé) à l’issue de la classe de 5ème ;
v. 33% des enfants d’une même classe d’âge sont orientés vers une voie professionnelle intermédiaire (technicien) à l’issue de la classe de 3ème ;
vi. 40% des enfants d’une même classe[2] d’âge obtiennent une qualification d’ouvrier ou d’employé à l’issue d’un cycle de formation professionnelle court ;
vii. 26% des enfants d’une même classe d’âge obtiennent une qualification de technicien à l’issue d’un cycle de formation professionnelle intermédiaire ;
viii. Des passerelles sont mises en place afin de permettre aux élèves qui ont fini une voie professionnelle de pouvoir continuer leurs études dans une voie professionnelle de niveau supérieur. Ces passerelles sont couplées avec un système de validation des acquis d’expériences et un système de formation professionnelle et de promotion sociale tout au long de la vie, qui permettent à des personnes travaillant de compléter leur parcours pour acquérir un niveau de qualification supérieur ;
ix. 35% des enfants d’une même classe d’âge suivent un cursus universitaire supérieur organisé selon le principe du LMD. L’ensemble des cursus universitaires est repensé pour permettre à chaque élève d’obtenir un diplôme débouchant sur une qualification professionnelle et donc sur un emploi. Trois cursus sont mis en places : un cursus court qui conduit à une licence professionnelle délivrant une qualification de technicien supérieur ou de cadre intermédiaire (cursus en 3 ans), une licence suivi d’un master professionnel délivrant une qualification d’ingénieur ou de cadre supérieur (cursus en 5 ans), une licence suivi d’un master et d’un doctorat pour former les universitaires enseignants chercheurs dont le pays à besoin (cursus en 8 ans) ;
x. Une voie « métiers de l’enseignant » est mise en place à partir des structures des Écoles Normales d’Instituteurs, de l’École Normale Supérieure et de l’École Normale Supérieure de l’Enseignement Technologique. Cette voie s’organise selon la même structure de LMD que les voies universitaires classiques et sur le modèle des facultés d’éducation que l’on trouve dans de nombreux pays. Ces trois types d’établissements développent des relations étroites entre eux et avec les universités gabonaises (mise en commun de modules de formation, d’enseignants, de ressources, etc.) ; des passerelles facilitent la mobilité des étudiants d’un cursus vers l’autre.
Pour que l’effort ait quelques chances d’aboutir, il est nécessaire de ne pas partir dans toutes les directions mais de concentrer les efforts sur un niveau après l’autre afin d’éviter la parcellisation des actions, l’émiettement des moyens et au bout du compte l’inefficacité du dispositif général.
Cette mise en œuvre peut, de manière logique et efficace, s’échelonner selon la progression scolaire d’une classe d’âge d’élèves (enfants nés la même année), depuis leur entrée en première année de l’école primaire jusqu’à l’obtention d’une qualification professionnelle. Ce parcours scolaire permet de penser les organisations à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs :
· 2005-2011 : éducation préscolaire et école primaire
· 2011-2015 : collège
· 2013-2017 : formation professionnelle courte
· 2015-2018 : lycées général et professionnel
· 2018-2026 : université
Si l’on considère que la première génération d’enfants concernée par ce processus de réorganisation en profondeur de l’école est celle qui entre à cinq ans dans une classe préscolaire à la rentrée 2005, la classe d’âge concernée est celle des enfants nés en 2000 ; cette classe d’âge compte un peu plus de 40 000 enfants. Bien évidemment, les périodes indiquées ci-dessus signifient que les structures devront être opérationnelles lorsque les élèves arriveront à ce niveau d’étude.
De fait, les travaux de structuration doivent commencer bien plus tôt. La nécessité de construire les bâtiments, de former les enseignants, de mettre en place les équipes d’encadrement doivent être anticipées en prenant en compte les moyens matériels et humains existants, les besoins nouveaux, les reconversions et adaptations professionnelles à mettre en place. Certaines structures demandent plusieurs années avant d’être réellement opérationnelles : un étalement dans le temps, selon un programme strict, avec des objectifs explicites, est nécessaire afin de pouvoir prendre en charge de telles évolutions.
La remise à plat complète du système éducatif va entraîner d’inévitables comparaisons et donc des tensions très fortes sur le processus de changement. Sans doute faut-il marquer le passage à ce système refondé en changeant les appellations du cursus scolaire et en simplifiant les délivrances des diplômes. Il serait souhaitable que le système gabonais adopte une numération linéaire depuis la 1ère année de l’école primaire (l’actuel CP1), école primaire qui se terminerait en 5ème (actuel CM1), pour être suivie par quatre années de collège de la 6ème année à la 9ème année (actuelles classes de 6ème à 3ème) et enfin par le lycée qui s’étalerait de la 10ème à la 12ème année (actuelles classes de 2nde à Terminale). Une telle numération permettrait d’intégrer facilement les voies professionnelles et de marquer les possibilités des passerelles : la formation des ouvriers et des employés s’étalerait de la 8ème à la 11ème, celle des techniciens de la 10ème à la 12ème.
Ce sont ces différents éléments que nous présentons par la suite.
Le système gabonais est globalement bon en matière de taux de scolarisation (86,29%) des enfants entre 6 et 11 ans, tant des filles que des garçons. Toutefois, des faiblesses sont constatées, portant sur le taux de scolarisation des jeunes enfants : très faible pour les enfants de cinq ans, il est inférieur à 60% pour ceux de six ans et n’atteint pratiquement les 90% que pour ceux de sept ans. Cette entrée tardive à l’école primaire présente trois inconvénients majeurs :
1- allongement de la durée de la scolarité des enfants en décalant dans le temps les différents âges de sortie de chacun des cycles (par exemple, une sortie de l’école primaire à 13 ans minimum) ;
2- accroissement du décalage entre la nature des apprentissages et l’âge des enfants (les activités proposées aux élèves sont marqués pour une tranche d’âge donné, un décalage de deux années, surtout pour les enfants et les adolescents, rend obsolète les activités proposées) ;
3- accroissement des différences d’âges des enfants dans une même classe (alors que ces différences sont très marquées physiquement chez les enfants et les adolescents) augmentant ainsi les connotations négatives sur les retards scolaires.
Traduisons en données chiffrées ce que représente cette accumulation de retards, de redoublements et de faible taux de scolarisation pour les 5-6 ans. Pour cela, prenons une projection sur la classe d’âge qui devrait rentrer en préscolaire en 2005. Elle se compose de 42 276 enfants (21 183 garçons et 21 093 filles ; projection d’après le croisement de diverses données démographiques issues de différentes sources : Ministère de la Planification, Ministère de l’Éducation nationale, tableau de bord social, UNESCO, UNICEF). Le premier tableau présente les effectifs d’enfants scolarisés selon leur âge.
Tableau 1 : effectifs d’enfants scolarisés selon leur âge
|
|
Garçons |
Filles |
Total |
|
5 ans |
2 440 |
2 411 |
4 851 |
|
6 ans |
12 600 |
12 654 |
25 254 |
|
7 ans |
18 508 |
18 440 |
36 948 |
|
8 ans |
19 749 |
19 429 |
39 178 |
|
9 ans |
19 865 |
20 009 |
39 874 |
|
10 ans |
20 060 |
19 971 |
40 031 |
|
11 ans |
20 092 |
19 711 |
39 803 |
|
6-11 ans |
18 353 |
18 085 |
36 438 |
Ces données confirment le faible taux de scolarisation des 5-6 ans. Le tableau suivant présente la répartition des effectifs d’élèves pour lesquels il y a correspondance entre l’âge et le niveau de classe.
Tableau 2 : effectifs d’élèves qui fréquentent un niveau de classe à l’âge prévu
|
Classe |
Garçons |
Fille |
Total |
|
Préscolaire |
2 440 |
2 411 |
4 851 |
|
CP1 |
12 600 |
12 654 |
25 254 |
|
CP2 |
6 896 |
7 103 |
13 999 |
|
CE1 |
4 573 |
4 868 |
9 441 |
|
CE2 |
2 860 |
3 157 |
6 017 |
|
CM1 |
2 138 |
2 353 |
4 491 |
|
CM2 |
1 532 |
1 699 |
3 232 |
|
Total |
33 039 |
34 245 |
67 284 |
Ce tableau montre la très forte déperdition entre le CP1 et le CM2 : environ un enfant sur huit a une scolarité normale à l’école primaire. Le tableau ci-dessous présente les effectifs des redoublants et des retardataires par niveau de classes.
Tableau 3 : effectifs des redoublants et des retardataires par niveau de classes
|
Classe |
Garçons |
Fille |
Total |
|
Préscolaire |
0 |
0 |
0 |
|
CP1 |
11 882 |
11 399 |
23 280 |
|
CP2 |
15 634 |
14 875 |
30 510 |
|
CE1 |
18 591 |
17 727 |
36 318 |
|
CE2 |
18 248 |
17 820 |
36 067 |
|
CM1 |
19 489 |
19 010 |
38 499 |
|
CM2 |
19 928 |
19 587 |
39 514 |
|
Total |
103 771 |
100 417 |
204 188 |
L’accumulation des élèves redoublants ou en retard dans une classe prend des proportions inquiétantes dans les dernières années de l’école primaire. Ils sont pratiquement un sur deux en CP1, pour être quasiment la totalité en CM2. D’un point de vue global, l’école primaire gabonaise accueillera plus de 270 000 enfants qui se répartiront de la manière suivante si ce système d’échec et d’accumulation de retards persiste (cf. tableau ci-dessous).
Tableau 4 : répartition de l'effectif global par classe
|
Classe |
Garçons |
Fille |
Total |
|
Préscolaire |
2 440 |
2 411 |
4 851 |
|
CP1 |
24 482 |
24 053 |
48 534 |
|
CP2 |
22 530 |
21 978 |
44 508 |
|
CE1 |
23 164 |
22 595 |
45 759 |
|
CE2 |
21 108 |
20 977 |
42 084 |
|
CM1 |
21 627 |
21 363 |
42 990 |
|
CM2 |
21 460 |
21 286 |
42 746 |
|
Total |
136 810 |
134 662 |
271 472 |
Le nombre d’enfants non scolarisés se répartirait de la manière suivante.
Tableau 5 : effectifs d'enfants non scolarisés par âges
|
Âge |
Garçons |
Fille |
Total |
|
5 ans |
18 743 |
18 682 |
37 425 |
|
6 ans |
8 583 |
8 439 |
17 022 |
|
7 ans |
2 675 |
2 653 |
5 328 |
|
8 ans |
1 434 |
1 664 |
3 098 |
|
9 ans |
1 318 |
1 084 |
2 402 |
|
10 ans |
1 123 |
1 122 |
2 245 |
|
11 ans |
1 091 |
1 382 |
2 473 |
|
6-11 ans |
34 967 |
35 026 |
69 993 |
L’effort de scolarisation à consentir concernerait près de 67 000 enfants, essentiellement à intégrer au niveau préscolaire et 1ère année primaire.
Au vu de ces données et en les croisant avec d’autres rapports, nous devons constater que, malgré de très gros efforts effectués depuis une dizaine d’années, le système d’éducation primaire ne permet pas d’alimenter l’enseignement secondaire dans des conditions favorables : les élèves sortent de l’école primaire avec un niveau scolaire plutôt faible en ce qui concerne les compétences fondamentales (lire, écrire, compter) mais surtout en ayant accumulé pour la plupart des retards scolaires. Dès leur plus jeune âge, les petits Gabonais sont confrontés à un système de sélection par l’échec.
Par ailleurs, ce système dure une année de plus (doublement de l’année de CP) avec une école primaire en six ans sans que la durée du collège soit réduite à trois ans. Le Gabon doit choisir : soit une école primaire en sept ans (incluant l’année préscolaire) et un collège en trois ans, soit une école primaire en six ans (incluant l’année préscolaire) et un collège en quatre ans. Compte tenu de l’ampleur des réformes à conduire et de leur chronologie (d’abord l’école primaire), il semble plus réaliste d’adopter la seconde solution d’une école primaire en six ans (incluant l’année préscolaire). Le tableau suivant présente la répartition des effectifs d’élèves par niveaux de classe dans une double hypothèse de scolarisation à 100% et sans redoublements.
Tableau 6 : effectifs par niveaux de classe avec une scolarisation à 100% et sans redoublements
|
Classe |
Garçons |
Fille |
Total |
|
Préscolaire |
21 183 |
21 093 |
42 276 |
|
1ère |
21 183 |
21 093 |
42 276 |
|
2nde |
21 183 |
21 093 |
42 276 |
|
3ème |
21 183 |
21 093 |
42 276 |
|
4ème |
21 183 |
21 093 |
42 276 |
|
5ème |
21 183 |
21 093 |
42 276 |
|
Total |
127 098 |
126 558 |
253 656 |
Dans les mêmes conditions d’effectifs de référence pour la classe d’âge considérée, il ressort de ce tableau que le nombre d’enfants à traiter par niveaux de classe (253 656 enfants) est inférieur à celui qui serait traité selon le système actuel (271 472 enfants). Bien sûr la suppression d’une année d’école primaire joue un rôle non négligeable dans la baisse du volume d’enfants à accueillir à l’école primaire. Mais si nous effectuons une simulation en projetant les taux de redoublement actuels et sur la base d’un taux de scolarisation à 100% dès l’année de préscolaire, le volume d’enfants à accueillir serait de 378 000 enfants.
De fait, le redoublement massif et l’accumulation des retards scolaires sont un très mauvais choix du point de vue du développement personnel des enfants, du point de vue pédagogique, du point de vue social et du point de vue économique.
1- Du point de vue du développement personnel des enfants, les redoublements successifs les enferment en grande majorité dans une logique d’échec qui ne peut être que contre-productive : elle les amène à douter de leur capacité à arriver à quelque chose par eux-mêmes, grâce à l’école, alors qu’il suffit de recourir à la corruption pour surmonter cet échec. Ce processus entame inévitablement leur confiance dans le système de valeurs que l’école doit porter (principes d’équité des chances, de valorisation du travail personnel et des capacités de chacun) et renforce profondément le sentiment d’inutilité de l’effort (pourquoi s’épuiser à obtenir par mon travail personnel quelque chose que je peux avoir sans trop d’efforts moyennant quelques tractations non officielles).
2- Du point de vue pédagogique, les redoublements massifs ajoutent à l’hétérogénéité des niveaux des élèves une hétérogénéité tenant à leur âge et accroissent les difficultés de gestion des classes (il n’est pas rare de voir des différences d’âges de cinq ans dans une même classe). Le traitement des redoublants renforce un enseignement frontal dogmatique très prescriptif, tendance déjà très fortement marquée du fait des effectifs moyens d’élèves par classe.
3- Du point de vue social, la massification de l’échec fait peser une pression très forte sur les familles qui sont prêtes à tous les sacrifices (légaux ou non) afin de faire réussir leurs enfants. Ce système se révèle particulièrement injuste car il compromet la scolarisation des populations socialement les plus faibles et constitue un obstacle au principe d’égalité des chances des enfants entre eux. Par ailleurs, il dévalorise le travail scolaire et la réussite en l’entachant du soupçon de parcours scolaires qui ne doivent pas grand-chose aux qualités personnelles de l’élève.
4- Du point de vue économique, le manque de fluidité des passages d’une classe à l’autre, outre le fait qu’il favorise une économie parallèle peu compatible avec les objectifs d’éducation de tous les enfants, entraîne de nombreux surcoûts disproportionnés en regard de l’efficacité générale du système. Le fait de rallonger de manière quasi-systématique la durée des études d’une, deux ou trois années pour une proportion non négligeable d’enfants augmente les effectifs d’élèves par niveau de classe et donc de manière induite le coût de la scolarité de manière proportionnelle. Par exemple, accueillir tous les enfants à l’école avec le système actuel nécessiterait environ 6 300 classes avec un effectif moyen de 60 élèves par classe. Mettre en place une école primaire en six années (incluant l’année préscolaire) sans redoublement, reviendrait, sur cette base de 6 300 classes, à ramener l’effectif à une quarantaine d’élèves par classe. À coût constant, il y aurait une amélioration sensible de la qualité.
Cet exemple montre l’importance d’un passage à une gestion des flux d’élèves reposant avant tout sur une amélioration de la qualité de l’accueil des enfants. Il s’agit d’obtenir une réduction du nombre d’enfants dans chaque classe tout en accueillant tous les enfants dès l’âge de cinq ans et jusqu’à onze ans.
L’école primaire permet de poser les bases des apprentissages premiers et fondamentaux.
La remise à plat de l’école primaire doit se faire de manière pragmatique sans a priori dogmatique. Il s’agit, d’une part, de rendre obligatoire l’école depuis l’âge de 5 ans (tous les enfants d’une même classe d’âge commencent leur scolarité en même temps) et, d’autre part, de revoir l’organisation des savoirs enseignés tout au long de l’école primaire afin de les adapter aux besoins sociaux en matière de connaissances fondamentales et de compétences de base. Ce double objectif, quantitatif et qualitatif, vise, d’une part, à éradiquer les redoublements et les échecs scolaires à l’école primaire et, d’autre part, à poser les bases d’un enseignement secondaire adapté aux défis que doit relever le pays.
La généralisation de l’accueil préscolaire ne vise pas simplement à offrir aux familles une solution à l’accueil des enfants en bas âge. Il vise deux finalités principales :
1- construire chez l’enfant les premiers rapports sociaux à l’école : rendre obligatoire cette année (ou ces années) d’école, c’est s’assurer la socialisation des enfants dans le système scolaire. Organiser cette entrée à l’école en la graduant selon l’âge, c’est assurer l’accès à l’école pour tous dès l’âge de cinq ans ;
2- développer les premiers apprentissages de base : cette phase, à cet âge là, est essentielle dans la vie scolaire des enfants car elle permet d’initier des processus d’apprentissage complexes tels que l’écriture, la lecture ou la numération ; elle permet également de structurer les activités des enfants dans une perspective de socialisation et de scolarisation. Par ailleurs, cette période doit permettre d’initier des relations au monde tel que le rapport à la culture (et donc aux ethnies et à la société multiethnique gabonaise), au contexte contemporain (inscrit dans une histoire, organisé dans des environnements technologiques, largement décrit par des principes scientifiques, etc.) et aux différents modes d’expression. Autrement dit, il faut que ce temps soit le temps de la mise en relation (et donc de la distanciation) de l’univers familial et de l’univers social.
D’un point de vue quantitatif, il s’agit d’accueillir environ 43 000 enfants dans une classe préscolaire alors que l’accueil actuel est de moins de 5 000 enfants. Cela suppose de disposer d’environ 1 100 classes et 1 100 enseignants formés en plus de ceux qui sont actuellement employés à ce niveau scolaire. La structure actuelle consistant à intégrer les classes préscolaires dans les écoles primaires ne peut être une solution que pour les zones à faible densité de population. Dès qu’il y a possibilité de créer trois ou quatre classes, il faut envisager une structure séparée même si, pour des raisons d’économie d’échelle, la structure préscolaire peut faire partie d’un groupe scolaire.
Compte tenu du nombre de classes existant aujourd’hui, il faut, afin de rendre de obligatoire le cycle préscolaire d’ici à trois ans, lancer :
1- un programme de construction de 370 classes par an sur trois ans, ce qui correspond à un investissement global d’environ 13,2 milliards de FCFA ;
2- un plan de formation d’enseignants qui peut s’articuler en une formation initiale de 1 100 personnes en trois ans sur la base exclusive de la formation à l’accueil préscolaire. La masse salariale des enseignants affectés dans le préscolaire serait alors de près de 4 milliards de FCFA par an.
Le nœud du système éducatif gabonais est la restructuration complète de l’école primaire. Il s’agit de définir avec précision le parcours scolaire des enfants depuis leur entrée en 1ère année jusqu’à leur sortie en 5ème année. Baliser ce parcours suppose de le réorganiser de façon à ce qu’il n’y ait plus d’échec scolaire ; le problème est moins un problème quantitatif qu’un problème qualitatif.
Actuellement, l’école primaire accueille environ 267 000 enfants répartis dans environ 5 600 classes de CP1 à CM2 (en six années), soit une moyenne d’environ 48 élèves par classe. La disparité géographique rend très mal compte de l’empan des effectifs par classe qui peuvent atteindre dans certaines écoles de Libreville près de 90 enfants, voire plus.
Le passage à un système en cinq années de la 1ère à la 5ème supposerait de traiter environ 211 500 enfants, soit environ 55 000 enfants en moins. Cette baisse est liée aux effets mécaniques de la suppression d’une année d’étude et de tous les redoublements. Elle est toutefois minorée par un objectif de scolarisation à 100% de tous les enfants.
De fait, ce double mécanisme va permettre une amélioration qualitative du système éducatif gabonais. Contrairement à une idée largement répandue dans le pays, ce n’est pas l’hyper sélectivité qui fait la qualité de l’éducation mais au contraire sa capacité à faire réussir tous les enfants. Le passage à un maximum de 35 enfants par classe devrait créer les conditions de ce saut qualitatif. Il supposerait la création d’une trentaine d’écoles à dix classes (et, incidemment, le passage à dix classes de toutes les écoles qui ont un effectif suffisant), soit environ 370 classes supplémentaires et donc le recrutement de 370 enseignants. La masse salariale des enseignants du premier degré serait dès lors de l’ordre de 26 milliards de FCFA par an et l’investissement nécessaire pour construire les écoles complémentaires serait de l’ordre de 4,4 milliards de FCFA.
L’objectif premier est de supprimer les redoublements. Cet objectif a pour corollaire un changement radical d’organisation des enseignements et donc des organisations scolaires. L’effort le plus important à opérer est un effort de formation des enseignants et de remise à plat des découpages disciplinaires.
Le secteur privé accueille environ 29% des enfants. L’enseignement catholique avec 14% est le plus important, les autres institutions confessionnelles représentent 6%, tandis que l’enseignement privé laïque accueille 9% des enfants. L’enseignement confessionnel est pratiquement exclusivement sous contrat avec l’État : les enseignants sont des fonctionnaires de l’Éducation Nationale rétribués par l’état gabonais ; leur nomination ne relève pas de l’organisation confessionnelle propriétaire de l’école mais se fait selon la même logique que la nomination des autres fonctionnaires dans n’importe quelle école publique. Seulement une école laïque privée sur huit est contractualisée avec l’État gabonais. La majorité des écoles laïques privées ne sont pas reconnues ; elles accueillent près de 8% des enfants.
Le problème du secteur privé est celui de sa qualité. Elle est très variable et dépend directement des processus de contrôle ou d’autocontrôle à l’œuvre. L’enseignement privé confessionnel repose sur des principes d’accès à une éducation de qualité et la plupart des communautés religieuses se sont organisées (catholiques et protestants, par exemple) ou sont en train de s’organiser (musulmans, par exemple) pour s’assurer par eux-mêmes de cette qualité.
Ce n’est nullement le cas pour l’enseignement privé non confessionnel qui ne semble piloté que par des intérêts d’une rentabilité économique peu en rapport avec des critères de qualité : classes surchargées, coût des études prohibitifs, faible taux d’encadrement, personnel peu ou pas qualifié.
L’encadrement du secteur privé est essentiel pour suppléer aux déficiences du secteur public mais encore faut-il mettre en place les procédures permettant d’assurer un contrôle efficace : il s’agit de contrôler les conditions d’ouverture et de fonctionnement de ces écoles (espace, taux d’encadrement, équipement, formation des enseignants et des personnels ATOS, etc.). Nous reviendrons plus loin sur la question du secteur privé.
Les deux éléments de coût de la restructuration de l’école primaire concernent, d’une part, la construction des établissements et des classes nécessaires et, d’autre part, le recrutement et la formation des enseignants pour prendre en charge ces nouvelles classes.
Tableau 7 : évaluation des investissements à prévoir pour la construction d'écoles
|
|
Nombre d'élèves |
Effectif par classe |
Nombre de classes |
Existantes |
À créer |
|
Préscolaire |
42 276 |
35 |
1 208 |
108 |
1 100 |
|
Primaire |
211
380 |
35 |
6 039 |
5 673 |
366 |
|
Total |
253
656 |
|
7 247 |
5 781 |
1 466 |
|
|
Nombre de classes par école |
Nombre d'élèves par école |
Nombre d'écoles à construire |
Coût d'une école |
Budget global |
|
Préscolaire |
6 |
210 |
183 |
90 000 000 |
16 470 000 000 |
|
Primaire |
10 |
350 |
37 |
150 000 000 |
5 550 000 000 |
|
Total |
|
|
220 |
|
22 020
000 000 |
La construction des écoles préscolaires et primaires nécessaires pour renforcer et structurer l’enseignement primaire nécessite un budget de 22 milliards de FCFA. Cette restructuration doit avoir lieu dans les meilleurs délais, pour fonder la dynamique à mettre en œuvre, c'est-à-dire sur une période de trois années et pour un budget d’environ 8 milliards de FCFA par an. L’implantation des écoles doit se faire exclusivement selon des impératifs de répartition démographique, la première urgence étant de réduire la population scolaire des écoles à effectif pléthorique afin de ramener le nombre d’élèves par classe à environ 35.
Tableau 8 : évolution de la masse salariale à prévoir dans le premier degré
|
|
Effectif global |
dont actifs |
et à prévoir |
Masse salariale annuelle actuelle |
Accroissement de la masse salariale à prévoir |
Masse salariale annuelle globale |
|
Préscolaire |
1 208 |
108 |
1 100 |
323 400 000 |
3 300 600 000 |
3 624 000 000 |
|
Primaire |
6 039 |
5 673 |
366 |
23 825 706 383 |
1 538 093 617 |
25 363 800 000 |
|
Total |
7 247 |
5 781 |
1 466 |
24 149 106 383 |
4 838 693 617 |
28 987 800 000 |
L’impact budgétaire d’amélioration de la qualité de l’école primaire repose sur, d’une part, le recrutement de 1 466 enseignants (environ 500 par an pendant trois ans) et, d’autre part, sur un plan de formation de l’ensemble des enseignants du primaire pour qu’ils accompagnent de manière positive cette restructuration de tout l’enseignement primaire.
Pour atteindre cet objectif, l’accroissement de la masse salariale, étalé sur trois années, est inférieur à 5 milliards de FCFA.
Le plan de formation des enseignants à mettre en œuvre est un plan d’importance car il va falloir former, dans un vaste plan de formation continue, près de 5 800 enseignants. Pour avoir quelques chances de réussite, cette formation doit être suivie par l’ensemble des enseignants concernés par un niveau de classe donné, l’année précédent l’arrivée des élèves à ce niveau de classe ; il s’agit donc d’un plan de formation qui doit se dérouler par tranche de 1 000 enseignants. Nous reviendrons plus loin sur cette organisation de la formation initiale et continue des enseignants qui va être un élément déterminant de la réussite du dispositif. Dans cette perspective, la qualification des moniteurs, auxiliaires et autres vacataires qui exercent ici ou là, est également à penser.
Dans le dispositif envisagé de mutation du système éducatif gabonais, le principal effort va porter sur la structuration, le développement et la réorganisation du second degré. Avec 2 300 enseignants du secondaire, on comprend très vite que le second degré correspond à un goulet d’étranglement difficilement contournable : pas assez d’établissements scolaires, pas assez de classes, pas assez d’enseignants. Le principal plan de développement doit porter sur la création des conditions de massification de l’enseignement secondaire, premièrement en généralisant l’accès à la classe de sixième et aux cycles du collège, deuxièmement en structurant la formation professionnelle initiale depuis le niveau de qualification d’ouvriers et d’employés, troisièmement en structurant le lycée pour qu’il remplisse ses missions d’« alimentation » de l’enseignement supérieur (essentiellement, enseignement supérieur scientifique et professionnel court et long) et qu’il pourvoie le niveau de qualification de technicien. En chiffres, cette massification prendrait l’allure de la simulation suivante :
Tableau 9 : distribution des effectifs dans l'enseignement secondaire sur la base d'une scolarisation de 100% d'une classe d'âge
|
|
Élèves |
Classes |
Profs |
Élèves |
Classes |
Profs |
Élèves |
Classes |
Profs |
|
|
Premier cycle secondaire |
|
|
|
|
|
|
||
|
6ème
année |
42 276 |
1 208 |
1 812 |
|
|
|
|
|
|
|
7ème
année |
42 276 |
1 208 |
1 812 |
|
|
|
|
|
|
|
|
Premier cycle secondaire |
Cycle professionnel court |
|
|
|
||||
|
8ème
année |
28 184 |
805 |
1 208 |
14 092 |
470 |
940 |
|
|
|
|
9ème
année |
28 184 |
805 |
1 208 |
14 092 |
470 |
940 |
|
|
|
|
|
Second cycle secondaire |
|
|
|
Cycle prof. intermédiaire |
||||
|
10ème
année |
14 092 |
352 |
528 |
14 092 |
470 |
940 |
14 092 |
470 |
940 |
|
11ème
année |
14 092 |
352 |
528 |
14 092 |
470 |
940 |
14 092 |
470 |
940 |
|
12ème
année |
14 092 |
352 |
528 |
|
|
|
14 092 |
470 |
940 |
Contrairement à l’enseignement primaire, l’effort dans le second degré ne sera pas simplement qualitatif, il sera également quantitatif.
Le tableau ci-dessous quantifie cet effort pour la voie générale.
Tableau 10 : Évolution quantitative pour l'enseignement secondaire général
|
|
Nombre d'élèves |
Effectif par classe |
Nombre de classes |
Existantes |
à créer |
|
Premier cycle |
140 920 |
35 |
4 026 |
1 727 |
2 299 |
|
Second cycle |
42 276 |
40 |
1 057 |
647 |
410 |
|
Total |
183 196 |
|
5 083 |
2 374 |
2 709 |
|
|
Nombre classes par étab. |
Nombre d'élèves par étab. |
Nombre d'étab. à construire |
Coût d'un établissement |
Budget global |
|
Premier cycle |
24 |
840 |
96 |
480 000 000 |
46 080 000 000 |
|
Second cycle |
36 |
1 440 |
11 |
720 000 000 |
7 920 000 000 |
|
Total |
|
|
107 |
|
54 000 000 000 |
1- Le premier cycle secondaire[3] compte environ 1 730 classes alors qu’il en faudra plus de 4 000. Cela suppose la construction d’environ soixante-dix collèges accueillant chacun environ 840 enfants.
2- Le second cycle secondaire compte environ 650 classes3 alors qu’il en faudra plus de mille. Il faudra envisager la construction d’une dizaine de lycées pouvant accueillir environ 1 440 élèves chacun.
Avec un plan de construction d’une centaine de collèges et d’une dizaine de lycées, le plan est d’ampleur et doit être planifié avec rigueur. L’investissement à consentir pour construire ces établissements peut être évalué dans une version minimaliste à près de 54 milliards de FCFA.
Le principal impact de la massification de l’enseignement secondaire et professionnel sera en termes d’accroissement de la masse salariale. Le tableau ci-dessous présente quelques éléments de cet accroissement.
|
|
Effectif global |
dont actifs |
et à prévoir |
Masse salariale annuelle actuelle |
Accroissement de la masse salariale à prévoir |
Masse salariale annuelle globale |
|
Premier cycle |