COLLOQUE INTERNATIONAL

Libreville, du 22 au 25 mars 2005

 

THEME :

 

EDUCATION TECHNOLOGIQUE, FORMATION PROFESSIONNELLE

ET DEVELOPPEMENT DURABLE

 

 

 

RAPPORT FINAL

 

 


 

Placé sous le haut patronage de Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence El Hadj Omar BONGO ONDIMBA, le Colloque Internationale sur le thème « Education technologique, formation professionnelle et développement durable » organisé par l’Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement Technique (ENSET)  dans le cadre du RAIFFET en collaboration avec l’ IUFM d’Aix Marseille (France), s’est tenu à Libreville du 22 au 25 mars 2005.

 

Ont participé à ce colloque des représentants d’organisations internationales, des chercheurs, , des personnels chargés de l’éducation, des étudiants, des institutions de formation, de trois continents représentés par une dizaine de pays.

 

Il s’agit :

 

Pour l’Afrique

De l’Afrique du Sud, du Cameroun, de la Côte-d’Ivoire, du Gabon, de la Guinée Equatoriale,de la République Centrafricaine, du Sénégal et de la Tunisie

 

Pour l’Europe

De la France et de la Norvège

 

Pour l’Amérique

Du Canada

 

CEREMONIE D’OUVERTURE

 

Le premier acte de ce colloque international a été marqué par la cérémonie d’ouverture qui a enregistré quatre allocutions d’usage prononcées par :

 

-         Monsieur Jean Sylvain BEKALE NZE, Directeur Général de l’ENSET

-         Monsieur Jacques GINESTIE, Professeur des Universités, Directeur Adjoint de I’UFM d’Aix Marseille, Président du Comité scientifique

-         Monsieur Emile BIH, Directeur Général IPNET Abidjan

-         Monsieur Teeluck BHUWANEE, Représentant UNESCO

 

Toutes ces personnalités ont dans leurs interventions noté le rôle de plus en plus prédominant de l’EFTP dans le développement durable des sociétés. En effet, on a pu noter dans ces interventions que le développement durable des sociétés devait s’enraciner socialement et s’inscrire dans une perfection d’évolution, en s’appuyant sur les acquis qu’apporterait aux jeunes l’EFTP dans un monde de plus en plus complexe.

 

Le Discours d’ouverture a été prononcé par Monsieur Antoine de Padoue MBOUMBOU MIYAKOU, Vice–Premier Ministre, chargé de la Ville, Représentant Son Excellence Monsieur le Premier Ministre.

 

Dans son allocution d’ouverture, Monsieur le Vice-Premier Ministre a situé « l’essence de ce colloque qui se fonde sur la volonté de conduire et d’organiser des réflexions qui collent à nos réalités tout en s’ouvrant  sur le monde… ». Aussi, a-t-il avant d’ouvrir les travaux, marqué son espoir sur les résolutions des débats du présent colloque qui devraient apporter un souffle nouveau aux différentes actions engagées par les pays africains en matière de FPT.

 

MISE EN PLACE DU BUREAU

 

Après la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire Général Adjoint du Ministère de l’Enseignement Supérieur, Monsieur Moïse NSOLE BITEGUE, a proposée la composition du bureau du colloque à l’assemblée qui l’a adopté par acclamation. Ledit bureau a été composé comme suit :

 

-   Président                           :           ISSEMBE Amédée (ENSET-Libreville)

 

-   Vice-Présidents                 :          GINESTIE Jacques (IUFM Aix Marseille)

                                BIH Emile (IPNETP Abidjan, RAIFFET)

                                BEKALE NZE Jean Sylvain (ENSET – Libreville)

 

-   Rapporteur Général         :             BOUYOU Jean-Marie (UNESCO – Gabon)

GBONGUE Jean Baptiste (IPNETP Abidjan)

 

-   Co-Rapporteur                   :          ONDO EVA Joseph (MEN Gabon)

 

-   Secrétaire scientifique     :          MOUITY Christian Didier (ENSET Libreville)

 

 

LES TRAVAUX

 Les travaux scientifiques du colloque se sont déroulés dans un esprit de partage, d’échanges fructueux et de relations humaines cordiales et franches.

 Lesdits travaux ont été organisés en séances plénières et en ateliers autour des quatre thèmes principaux retenus à savoir :

 

1)     Finalités et curriculums de formation

2)     Qualification et compétences

3)     Organisations sociales et formation

4)     Organisation et action pédagogiques

 

Au total quatre séances plénières et quinze ateliers corrélés  ont analysé les enjeux des thématiques retenus dans le renforcement et l’amélioration de l’EFTP.

 

Pour l’essentiel, on retiendra que le thème I, Finalités et curriculums de formation, s’est appesanti sur les questions relatives aux programmes de formation, à l’innovation des méthodes d’enseignement, au développement des passerelles entre les différents niveaux de formations et à la validation des acquis, à l’adaptation des référentiels de formation aussi bien aux réalités locales qu’à une véritable logique de métiers impliquant également les métiers informels du monde urbain et du secteur rural, au renforcement des partenariats avec les entreprises, l’enseignement supérieur et les autres acteurs du système éducatif (administration, ONG, acteurs locaux de terrains) dans la construction des formations et de leurs contenus. Ce partenariat étant désormais perçu comme un gage d’optimisation de l’EFTP. En outre, la formation et la familiarisation des enseignants à l’outil informatique, à l’Internet ont été évoquées comme instruments indispensables à l’innovation pédagogique, de même que les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer la formation et de valoriser le métier des enseignants, de réduire le déphasage entre la théorie et la pratique, et d’intéresser davantage les apprenants à la science et aux savoirs technologiques dès le niveau primaire. Un dernier point a été mis en exergue concernant l’introduction de la notion de développement durable dans les programmes et les manuels en suscitant chez l’apprenant l’éthique de responsabilité de la conscience et des comportements civiques. Dans ce sens, les systèmes de formation gagneraient à introduire le concept « d’ingénierie civique ».

 

Les interventions du thème 2, Finalités et curriculums de formation, ont mis l’accent d’une part, sur la technologie perçue comme émanation des savoirs sociaux, sur l’évolution technologique et les nécessités de changement et d’élaboration de nouveaux curriculums qui s’imposent dans l’apprentissage de la technologie d’autre part, et enfin sur l’évolution des métiers directement liés aux savoirs technologiques et à l’outil informatique. Les débats du thème 2 ont également mis en exergue, le déphasage observé chez l’apprenant dans sa perception de la relation entre la théorie à la pratique. La nécessité de former les formateurs à l’utilisation des logiciels de production et de conception industrielle a constitué un autre point de débat.

En outre, la problématique de l’adaptation a été soulevée. Au regard du phénomène de la mondialisation, chaque pays devrait former par rapport à son contexte, en tenant compte des besoins des opérateurs économiques et de la diversité culturelle. Dans ce sens, les intervenants ont attiré l’attention sur le fait que les réalités africaines, les savoirs sociaux endogènes ne devraient pas être marginalisées en dépit de la vitesse de l’évolution technologique.

 

Les interventions proposées sur le thème 3. Organisations sociales et formation, portaient essentiellement sur l’articulation formation - emploi. Cette articulation a été analysée sous l’angle de l’emploi dans les métiers  qui relèvent pour la plus part du secteur informel ou du secteur traditionnel.

Or bien souvent, les formations sont organisées pour des structures professionnelles de type moyenne ou grande entreprise, dans lesquelles l’emploi est bien organisé en métiers. Les débats ont porté sur la nécessité d’améliorer la connaissance sur l’emploi pour pouvoir organiser les formations. L’approche de l’articulation entre formation et emploi pose souvent la question des contenus de formation, notamment ceux qui relèvent de la culture générale ou ceux qui enrichissent la professionnalité. Il est ressorti des débats de ce thème, que la connaissance du milieu professionnel est un préalable qui doit être renforcé par des relations de partenariat voire de délégation de l’apprentissage en entreprise.

 

Les exposés du thème 4, Organisation et action pédagogiques, ont porté sur l’articulation des méthodes et stratégies pour une meilleure organisation de la FTP.

L’hétérogénéité des besoins et le manque d’offre intégrée de services, devraient conduire à la réalisation de projets d’assistance en matière de formation professionnelle, la formation à distance devrait être encouragée dans une perspective de partenariat. Cette démarche faciliterait  l’innovation pédagogique dans les écoles. Les débats du thème 4 ont également porté sur la démocratisation de l’accès aux savoirs, ce qui nécessite la création de réseaux avec d’autres organisations dans le but de s’approprier les méthodes alternatives d’enseignement et de formation telle que l’enseignement ouvert et à distance. L’importance du développement de la recherche a été soulignée comme soutien à l’innovation pédagogique. Des communications ont permis de souligner la richesse des recherches internationales menées de façon équilibrée entre partenaires des nations du Nord et du Sud. Dans ces approches, le questionnement et l’objet de la recherche sont élaborés en commun et visent à promouvoir la diversité culturelle et linguistique (recherche camerouno-norvégienne). Ainsi, dans la diversité, les différents partenaires peuvent apprendre les uns des autres. Enfin, l’intégration des matières d’enseignement général à l’EFTP a été identifiée comme éléments favorisant la réflexion chez l’apprenant. L’appropriation des NTIC  a été soulignée comme support pédagogique.

 

 

En marge des travaux du colloque, s’est tenue l’assemblée générale constitutive du Réseau Africain des Institutions de Formation de Formateurs de l’Enseignement technique, en abrégé RAIFFET, qui a adopté ses statuts et élu son bureau dont la composition est la suivante :

 

- Président                                       :           BEKALE NZE Jean Sylvain (Gabon)

- Vice-Président                              :           BIH Emile (Côte-d’Ivoire)

- Secrétaire Général                       :           BALINTULO Marius (Afrique du Sud)

- Secrétaire Général Adjoint          :           CHAOUACHI Frej (Tunisie)

- Trésorier                                        :           SOW Mody (Sénégal)

 

En outre, le RAIFFET s’est doté d’un Conseil scientifique d’un maximum de vingt (20) membres dont un tiers (1/3) de non africains, qui sera présidé à titre provisoire par le Professeur Jacques GINESTIE.

La mise en place du réseau africain des institutions de formation des formateurs (RAIFFET) répond au besoin d’appui aux acteurs du secteur de l’éducation technologique, des opportunités et un environnement propice au développement de leurs compétences, à l’amélioration de leurs activités de formation et de recherche. Le Réseau constitue également un cadre approprié d’échanges, de collaboration et de partenariat entre les institutions africaines de formation d’une part, entre ces dernières et leurs partenaires des pays du Nord et les organisations internationales, d’autre part.

 

RECOMMANDATION DU COLLOQUE

 

Considérant les orientations générales dégagées par le colloque, en particulier :

-         la nécessité de contextualiser, 

-         l’exigence d’innovation,

-         La nécessité de procéder à des inventaires (notamment des savoirs traditionnels en vue de leur prise en compte dans le réforme de l’EFTP) et  du développement des métiers du secteur informel,

-         La nécessité de conceptualiser et de repenser l’épistémologie de la construction des savoirs en Afrique,

-         L’utilité d’interroger les Sciences humaines et leurs apports dans les processus de formation  des ingénieurs, des techniciens et des formateurs,

-         La nécessité de s’enrichir des apports ajoutés par l’échange d’expérience avec les instituts des différents pays Sud-Sud et Sud-Nord.

 

 

 

 

 

Le colloque international de Libreville sur l’Education technologique, formation professionnelle, développement durable fait les recommandations suivantes :

 

1)     Le colloque confie à son comité scientifique international le soin de préparer l’édition et la diffusion des actes du colloque, pour représenter la contribution de l’Afrique à l’amélioration de l’Education Pour Tous et au renforcement de l’EFTP.

 

2)     Le colloque confie au RAIFFET le soin :

 

-         de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue d’organiser périodiquement (tous les deux ans) un colloque international de l’EFTP sur des thèmes novateurs ; le prochain colloque pourrait avoir pour thème « technologie et lutte contre la pauvreté : l’apport de l’EFTP » ;

-         d’élaborer un répertoire des écoles d’ETFP d’une part, et des enseignants et chercheurs du Réseau d’autre part ;

-         de susciter l’adhésion au Réseau des autres pays africains ;

-         de rechercher la mise en place d’un cadre de reconnaissance et de coopération avec les organisations sous-régionales et régionales ;

-         d’encourager la participation des femmes dans le Réseau et à ses activités ;

-         de créer un observatoire sur l’état de la formation et la prospective en matière d’ETFP dans les pays africains ;

-         de concevoir un répertoire des métiers.

 

3)     Le colloque invite les pouvoirs publics des pays africains à :

 

-         mettre en œuvre les recommandations du présent colloque ;

-         valoriser et à accorder davantage de considération aux métiers manuels, de l’artisanat et/ou de bas  niveau de qualification dans les villes et dans le monde rural par des campagnes et actions de communications publiques ;

-         mettre plus de moyens financiers au développement de l’ETFP ;

-         rationaliser la gestion des carrières des enseignants du secteur EFTP ;

-         accorder une meilleure reconnaissance des diplômes de l’ETFP dans les dispositifs de recrutement administratif ;

-         renforcer la formation des chefs d’établissement et le rôle des conseillers d’orientation pour une meilleure valorisation des formations en EFTP dans les structures éducatives ;

-         développer la formation continue en matière de EFTP ;

-         renforcer la formation des formateurs en tenant compte de l’évolution des systèmes d’équivalence dans les universités ;

-         doter les écoles de formations professionnelles et techniques en ressources documentaires suffisantes.

 

 

4)     Le colloque encourage les établissements de formations professionnelles et techniques à :

 

-         multiplier les réseaux et partenariats tant au niveau national, sous-régional, régional et international ;

-         diversifier les filières de formations en tenant compte des ressources des Etats ;

-         tenir compte des réalités locales dans le transfert des savoirs et des technologies importés de l’Occident ;

-         améliorer la définition des différentes fonctions qui composent les métiers.

 

5)     Le colloque sollicite un appui constant des organisations internationales, des partenaires au développement pour le renforcement du RAIFFET et ses activités et de l’EFTP en Afrique.

 

 

 

                                                           Fait à Libreville, le 25 mars 2005