Organisation et développement de la profession comptable au Gabon.

 

La profession comptable joue un rôle central dans le développement d’une économie moderne fondée sur l’échange et l’investissement : elle produit et certifie une information financière sans laquelle il ne peut y avoir la confiance nécessaire aux transactions et à l’investissement de l’épargne. Tout comme la monnaie, qui n’a de valeur que si le public a confiance en sa capacité à maintenir un pouvoir d’achat, le crédit des entreprises et leur capacité à drainer des capitaux n’existe que si les comptes qu’elles publient sont crédibles.

L’objectif doit être atteint d’urgence au Gabon sous peine de compromettre l’ouverture prochaine d’une bourse des valeurs à Libreville.

Il faut donc une profession :

-         qualifiée ;

-         appliquant des normes d’audit strictes ;

-         produisant des états financiers selon des normes reconnues.

 

1/ Une profession qualifiée.

 

Afin d’élever le niveau de qualification de l’ensemble de la profession comptable, le CPG, l’INSG, l’INT et la plupart des grands cabinets de Libreville ont créé, avec le soutien de la Coopération culturelle française, l’Association pour le Développement des Etudes Comptables (ADEC) qui a signé en 2004 une convention avec l’Intec. L’Intec est le premier établissement français de formation aux métiers de la comptabilité avec 19 000 élèves dans 58 centres dont 15 à l’étranger. C’est aussi le plus ancien puisque cet institut fut créé en 1931. Il se caractérise par ses méthodes pédagogiques : un support d’enseignement à distance complété par des cours oraux délocalisés. Tous peuvent ainsi étudier sans avoir à faire les frais d’un déplacement et sans avoir à interrompre une activité professionnelle. Chacun avance à son rythme grâce à une organisation en unités de valeurs indépendantes. Le coût réduit de la formation la rend accessible au plus grand nombre. Pour autant, la qualité n’est pas sacrifiée : l’examen est national, peut être passé à Libreville et les diplômes de l’Intec donnent le maximum de dispenses dans le cursus comptable de l’Etat français et permettent également de préparer les épreuves de l’Etat en septembre. Libreville devient d’ailleurs centre d’examen dès cette année évitant ainsi aux collaborateurs gabonais d’aller le passer à Nice. Enfin, dès la rentrée 2005, l’Intec s’insère dans le nouveau cadre LMD en organisant la délivrance de masters.

Nul doute que Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique sera sensible à cet argument : grâce à l’ADEC, les bourses d’enseignement supérieur seront dépensées au Gabon et à, budget égal, pourront bénéficier à un beaucoup plus grand nombre du fait de l’économie des frais d’expatriation.

 

2/ Des normes d’audit strictes.

 

La réorganisation de la profession de commissaire aux comptes à la suite des mega-faillites telles Enron, WorldCom et Parmalat, a été présentée dans le cadre d’une conférence organisée par l’ADEC au Centre culturel français le mardi 3 mai à 17 heures. Ce fut l’occasion de riches échanges entre des professionnels de haut niveau, représentant la profession comptables libérale ou en entreprise et les banques. La complexité des procédures d’audit face à la complexité du monde moderne des affaires a été soulignée. Afin de leur donner un cadre légal, la plupart des pays ont adapté ou renforcé leur législation : Sarbanne-Oxley Act aux Etats-Unis, Loi de sécurité financière en France. Enfin, il faut une organisation professionnelle pour donner une réalité au concept de profession réglementée contribuant à des missions d’intérêt général.

 

3/ Des normes comptables reconnues.

 

Ce deuxième sujet a fait l’objet d’un séminaire organisé par l’ADEC également au Centre culturel français le mercredi 4 mai de 8 heures à midi. Regroupant les meilleurs professionnels comptables de Libreville, il a montré que dans tous les pays du monde, même aux Etats-Unis, on voit aujourd’hui apparaître un double système comptable. D’un  côté, un système national tel le plan comptable français ou le plan comptable OADA au Gabon pour les besoins du fisc et pour les entreprises ne faisant pas appel public à l’épargne (entreprises non APE). Ces plans comptables ont l’avantage de la rigueur et de la simplicité et peuvent être mis en œuvre à moindre coût. D’un autre côté, les entreprises qui ont besoin des marchés financiers mondiaux, et qui doivent, en bonne logique, présenter leurs informations financières selon les normes mondiales, les IAS/IFRS.

 

 

Libreville, le 6 mai 2005.